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Maman d’une grande prématurée

Bonjour à tous.

Cela fait bien longtemps que je n’ai pu poster ici. Je pense que le titre pourra vous éclairez sur les raisons de mon absence.

Quand j’ai su que j’allais accoucher, j’ai cherché sur internet toutes les infos qui auraient pu me rassurer sur la prématurité. Et je n’ai pas trouvé énormément de choses qui auraient pu calmer mon cœur de futur maman sur le sujet. Je n’aurai jamais imaginé une seconde faire un article avec un tel titre. Cet article sera certainement le plus personnel que j’écrirai. Mais après tout quel intérêt de faire un post sur ce sujet si ce n’est pas pour pouvoir porter ma pierre à l’édifice et aider d’autres personnes ? Si par mon article et mes mots, je peux aider certains parents à se rassurer j’en serai très heureuse.


Grossesse & complications

Je me doutais suite aux complications de ma grossesse que je n’irai pas jusqu’au terme. Et je crois que je l’ai toujours su à l‘intérieur de moi, dès le départ. Malgré les complications et mes ressentis, je n’aurai jamais pu imaginer une seule seconde d’accoucher si brutalement et soudainement.

Il existe des dizaines de raisons qui peuvent causer un accouchement prématuré. Mais même si l’on s’y attend pour X ou Y raisons, il est tout de même très très compliqué psychologiquement d’accepter la situation.

Je vous avais donc laissé sur un article expliquant mon premier trimestre de grossesse. Un trimestre chaotique comme chez bien des femmes, entre nausées et divers effets secondaires. Rien de fou. Rien d’inquiétant. Des maux de ventre assez récurrents qui étaient en réalité des contractions. Ce que j’ignorai complètement. Surtout pour une première grossesse. On ne sait pas distinguer les douleurs car ce sont des sensations jamais ressenties auparavant.

Puis le deuxième trimestre est arrivé et les ennuis avec. J’ai dû arrêter soudainement le travail suite à mon voyage à Venise où j’ai eu d’autres complications liées à un placenta bas et à mes contractions toujours aussi présentes.

Arrêt complet. Repos. Zenattitude. J’ai pourtant mis toutes les chances de mon côté à ce moment là. Mais malgré toute ma bonne volonté, je n’ai pu rien faire ni contrôler lors de ce troisième trimestre. Il s’annonçait pourtant plutôt bien. Mon état était stable grâce à mon repos forcé. Mais il s’est pourtant arrêté brutalement à 7 mois et demi de grossesse avec l’arrivée de ma fille.


Prématurité et grande prématurité

Les bébés prématurés sont les bébés nés avant 37 semaines d’aménorrhées. A ce stade de grossesse, il y a peu de risque de danger même si le bébé aura peut être besoin de soins.

Les grands prématurés, eux, sont les bébés nés avant 32 semaines d’aménorrhées. Ils représentent 1,6% des naissances.

Ma petite princesse Nola est née le 17 Mai 2019, à 31SA+4. Pour celles qui ne comprendraient pas vraiment ce charabia avec les semaines d’aménorrhées, ma fille est née avec 10 semaines d’avance sur son terme. Soit, plus de 2 mois d’avance.

A ce stade de grossesse, le bébé possède bien sûr, un poids trop faible (- de 2kg). Il ne possède pas de réflexe de succion, il est donc incapable de s’alimenter seul. Ses poumons ne sont pas matures également, ce qui l’empêche d’être autonome au niveau de sa respiration. Il peut également souffrir de bradycardie (cœur qui bat trop lentement) ou de tachycardie (l’inverse) récurrente. Il est également incapable de réguler seul sa température corporel. Le bébé peut également avoir des lésions cérébrales pouvant causer de graves traumatismes. Tant de retard et de complications possibles pour ces si petits êtres qui n’ont pas demandé à être là si tôt.


La vie en néonatologie

Suite à un accouchement horriblement dur et éprouvant, Nola à directement été transférée dans le service de néonatologie.

Service ultra médicalisé. Couveuse, câbles, capteurs et machines qui sonnent toutes les minutes. Une véritable vision d’horreur pour des futurs parents comme nous. Et pourtant… c’est grâce à un tel service et aux soins qui vont avec que Nola à pu faire des progrès spectaculaires de jour en jour.

Aujourd’hui à 15 jours de vie, le combat est loin d’être terminé. Mais chaque jour, les bonnes nouvelles sont là et notre petite championne nous permet de tenir le coup et de se battre.

Il est très dur pour de jeunes parents comme nous de vivre ces premiers instants avec son enfant à travers une boîte en plastique. D’attendre chaque matin avec impatience en espérant que la balance affiche un poids plus haut que celui de la veille. Devoir demander la permission de lui changer sa couche, de pouvoir la prendre un peu sur soi, attendre une autorisation pour lui faire son premier bisou, de pouvoir la prendre dans ses bras sans lui faire du mal, sans faire baisser sa température, sans brouiller le moindre capteur…

La néonat est devenue notre deuxième maison. Les infirmières et puéricultrices sont les personnes que nous côtoyons le plus. Mais nous savons malgré tout que c’est l’endroit le plus sûre et le plus sécurisant pour elle.


Notre quotidien

Aujourd’hui notre quotidien se compose d’aller retour entre le travail (pour monsieur), l’hôpital & la maison (Avec les tirages de lait toutes les 3H). Entre le manque de sommeil, la fatigue physique et psychologique extrême et les inquiétudes. Mais également entre les peau à peau et les sourires de notre fille. Nos petits instants de bonheur à nous.

Parfois, je ressens bien sûr de l’injustice liée à cette situation. L’injustice que notre rôle de parent nous ait été volé par la prématurité. Ce rôle de parent de pouvoir faire des choses tellement banales comme tout simplement dormir avec son enfant, le promener ou l’avoir dans ses bras… Ces petites choses tellement simples du quotidien dont nous n’avons pas le droit. Mais je me dis que cela va finir par arriver…Que cela n’est plus qu’une question de temps... Même si le chemin semble encore tellement long.

Et je me dis aussi que une fois que nous le pourrons, nous savourerons encore plus chacun des moments passés avec elle.

Psychologiquement, c’est dur. C’est dur d’être confronté dès le départ à autant de complications. Surtout sachant que la naissance d’un enfant devrait être synonyme de bonheur absolu. D’entendre qu’il pourra y avoir des séquelles. Dur d’avoir son bébé loin de soi et cette peur quasi permanente du téléphone pouvant sonner et nous annoncer de mauvaises nouvelles. Dur de rêver toutes les nuits qu’elle soit près de nous et de réveiller sans elle. Éprouvant d’entendre des gens la comparer à des « prématurés » qu’ils connaissent qui ont vécu 2 semaines de couveuse quand la notre y restera bien plus longtemps. Culpabilisant en tant que jeune maman de ne pas avoir réussi à la maintenir plus de temps à l’intérieur de mon ventre.

Et pourtant, c’est notre quotidien. C’est notre réalité. Une réalité que seuls les parents d’enfants prématurés pourront réellement comprendre.


Notre future vie à trois

Nous vivons ainsi, au jour le jour, en admiration pour cette petite warrior qui nous épate. Attendant avec la plus grande impatience du monde, son arrivé à la maison, sa deuxième naissance, le début de notre vie à trois.

Ce que je peux dire aujourd’hui, à tous les futurs parents, d’enfants prématurés ou non, ceux qui vivent ou non cette situation de près ou de loin c’est juste de ne jamais baisser les bras.

Notre rôle de parent n’est pas encore celui dont nous rêvions certes, mais il reste quand même réel car nous menons ce combat près de nos bébés.

Ils ont besoin de nous. De nos voix, de nos sourires, de nos attentions, de notre toucher et de notre peau pour faire monter leur petite température. C’est un combat que nous menons ensemble, avec eux. Et malgré qu’ils soient entre nous et cette couveuse, je suis persuadé que ces liens que nous tissons avec nos bébé sont et resteront indestructibles.

Je n’aurai jamais pensé pouvoir changer à ce point aussi rapidement. D’avoir une vision du monde tellement différente. D’être une personne tellement transformé. De vivre les choses avec tellement d’intensité. De savoir enfin apprécier réellement la beauté des gens qui m’entourent et qui font tellement pour nous soutenir. Je n’aurai jamais pensé que ma fille pourrait changer à ce point la personne que je suis et me donner une telle force. Encore moins recevoir une telle leçon de vie venant d’un petit être de 40cm.


Mes petits conseils


Je ne suis en aucun cas un exemple à suivre. Encore moins médecin ou psychologue. Je sais également qu’il n’existe pas de solutions miracles et que chacun fait comme il peut. Je me permet juste de vous donnez les petites astuces et les petites habitudes qui m’ont fait personnellement du bien où qui m’ont permis de rendre cette situation un peu moins difficile.

Trouver son rythme

  • Que ce soit en restant à l’hôpital ou en décidant de rentrer chez soi, il est important de trouver son rythme et sa routine avec bébé pour les semaines/mois qui suivront. Il est important de pouvoir réellement s’organiser, de profiter de ce temps où bébé n’est pas encore là pour s’occuper des finalisations, de la paperasse et pouvoir également bien vous reposez avant l’arrivée de bébé 🙂

Préparer sa chambre

  • Et oui, même si bébé est en avance bébé est bien là 😁 ! Et il faut préparer son arrivée à la maison. C’est parti pour s’équiper si ce n’était pas déjà fait. Personnellement, préparer la chambre de Nola me fait un bien fou et me réchauffe le cœur. J’adore prendre mon temps chaque jour pour lui préparer et peaufiner son futur cocon.

Se documenter

  • Il ne faut surtout pas hésiter à solliciter au maximum le service de néonatologie au moindre doute pour pouvoir se rassurer. J’ai également apprécié pouvoir me renseigner au maximum sur le sujet en regardant des vidéos sur Youtube, des articles sur le net.. Il y a des tonnes de documentaires sur le sujet qui explique très bien toutes les étapes de la prématurité. Cela me semble plus qu’important de bien maîtriser le sujet pour pouvoir mieux gérer la situation.

Le peau à peau

  • Aucun moment n’est aussi important à la néonat que ces fameux peau à peau avec bébé. Un bonheur partagé. Le peau à peau régule la température de bébé, lui permet également de mieux digérer et de calquer son rythme cardiaque au notre. Ces petits moments de câlins apaisent énormément nos warriors et nous permet en tant que parents d’avoir son petit amour collé à soi et de vivre un vrai câlin comme des parents « normaux ».

Participer aux soins

  • Que ce soit le simple fait de prendre sa température, de changer sa couche ou de participer à sa toilette, chaque moment que l’on partage avec bébé est important. Même si l’on peut se sentir un peu pas doué en vue des difficultés de la couche trop grande, des capteurs et des câbles partout… Cela reste un moment privilégié avec bébé et chaque moment avec bébé en néonat est un moment de bonheur.

Parler à des parents de prématurés

  • Personne ne peut savoir réellement ce que nous vivons en tant que parents. Même si on cherche à comprendre. Le soutient de notre entourage est une chose très importante dans une pareil situation. Mais malgré tout, parler avec des parents vivant les mêmes choses que nous à pu m’apporter un immense soutient supplémentaire. On se sent dessuite compris dans ses inquiétudes et son quotidien. L’association SOS préma possède un groupe sur Facebook où les parents discutent entre eux, se questionnent et se soutiennent tous les jours. Se sentir compris dans une telle épreuve est vraiment réconfortant.

Rester soudé ensemble

  • Il est très dur avec la fatigue et le stress de rester toujours aussi soudé dans son couple. Pourtant, cela est indispensable à mes yeux. Il faut absolument pouvoir se soutenir, se relayer avec le papa, se partager les tâches et les soins et le peau à peau à deux. Ainsi bébé pourra sentir que ses deux parents sont derrière lui/elle. Et en vivant cette épreuve ensemble et dans le plus grand respect et soutient l’un de l’autre que couple sera plus soudé que jamais et en ressortira encore plus fort ❤💗

Soutenir son bébé

  • Ce qui nous fait tenir debout : la force de nos petits warriors. Et quoi de plus beau et de gratifiant que de les féliciter au quotidien de leurs petits & grands exploits ? Leur parler, à travers la couveuse, durant les peau à peau. Leur faire, quand cela est possible, des bisous, des papouilles, entretenir un lien de contact constant avec eux. Leurs montrer que nous sommes constamment là pour eux et derrière eux. Même si il y aura des jours avec et des jours sans, il est indispensable de rester au maximum positifs et de tenter de transmettre cette énergie et ces ondes positives à bébé au quotidien.

Nos bébés courage

Je souhaite un immense courage à tous les parents vivant cette situation. Nos bébés sont notre plus grande force. Et il est important que nous soyons aussi fort qu’eux.

La sortie de neonat dont nous rêvions tous finira par arriver et nous apporter enfin le second souffle que nous méritons tous et pouvoir enfin vivre ces instants et ce futur bonheur intense avec nos petits boutchou.

J’espère que mon article aura pu vous faire comprendre ou entrevoir un peu notre quotidien et justifier mon absence d’activité en tant que bloggueuse. Merci à tous pour vos messages adorables qui nous donne constamment du baume au cœur. ❤

Si vous voulez un petit aperçu vidéo de ce que sont les débuts de vie d’un bébé grand prématuré et ce qui a fait parti de notre quotidien, je vous laisse visionner la magnifique vidéo de la première année de vie résumé en 6 minutes de Ward Miles, grand prématuré.

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